Epiphone Riviera

Epiphone : l’autre histoire, et des modèles qui font sens

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Quand on parle d’Epiphone, la même idée revient souvent : ce sont des Gibson moins chères. Ce raccourci n’est pas totalement faux mais il passe à côté de quelque chose d’essentiel. Certaines guitares Epiphone, notamment dans le monde des hollow et semi-hollow, ne sont pas des copies. Ce sont des modèles à part entière, avec leur propre histoire, leur propre son et une vraie logique derrière leur conception. Et c’est précisément ce qui les rend intéressantes aujourd’hui.

Epiphone, avant Gibson : une histoire souvent oubliée

Epiphone n’est pas née dans l’ombre de Gibson, bien au contraire. La marque existe depuis les années 1870 en Turquie, relocalisée à New-York au début du XXᵉ siècle aprs que son fondateur Anastasios Stathopoulos décide de migrer aux Etats-Unis. A sa mort en 1915 c’est son fils, Epaminondas, qui reprendra qui reprendra la société et qui lui donnera son nom définitif en 1928, Epiphone. « Epi » étant le diminutif de son prénom.

D’abord spécialisée dans les luths et violons, puis dans les banjos après la première guerre mondiale, Epiphone produit des guitares dès le début des années 1930. Dans les années 30 et 40 elle rivalise directement avec Gibson sur le terrain des archtops et des guitares hollowbody haut de gamme.

Lorsque Gibson rachète Epiphone à la fin des années 50, l’objectif n’est pas de faire disparaître la marque, mais d’intégrer son savoir-faire et de la repositionner comme une entité complémentaire pour engranger plus de parts de marché. Epiphone conserve alors des modèles spécifiques, qui ne sont ni des doublons ni des déclinaisons au rabais.

Autrement dit : Epiphone n’a pas commencé comme une alternative. Elle l’est devenue, sans perdre totalement son ADN. Et elle a clairement fait ses preuves avec des guitares typées hollow-body et qui ont une sacrée place dans l’Histoire (oui, avec un grand H) de la guitare. Ce sont ces modèles que l’on va évoquer ici aujourd’hui.

Hollow body ou semi-hollow : la vraie question avant de choisir un modèle

Avant même de parler de Casino, de Riviera ou de Sheraton, il faut comprendre ce qui distingue une hollow body d’une semi-hollow. Ce choix-là conditionne tout le reste.

Une hollow body est entièrement creuse. Elle offre un son très ouvert, beaucoup de dynamique et une réponse immédiate au jeu. Chaque nuance, chaque attaque est mise en avant. C’est vivant, parfois même un peu sauvage. En contrepartie, le larsen arrive plus vite dès qu’on monte le volume ou le gain.

La semi-hollow, elle, intègre un bloc central. Ce détail change beaucoup de choses. Le son reste chaleureux, mais gagne en stabilité et en contrôle. Le volume est plus facile à gérer, le spectre plus équilibré, et la guitare devient nettement plus polyvalente.

Dans les faits, la hollow body s’adresse à ceux qui cherchent avant tout le grain et le toucher, tandis que la semi-hollow vise un usage plus large, sans renoncer au caractère.

Les modèles Epiphone “originaux” à connaître absolument

Epiphone Casino : évidemment celle des Beatles

La Casino est une vraie hollow body, sans bloc central, équipée de micros P-90. Son son est direct, presque brut. Elle réagit au moindre détail du jeu, pour le meilleur comme pour le reste. C’est une guitare expressive, très vivante, qui pousse à jouer avec les doigts, le volume, l’attaque.

Ce n’est pas un hasard si on la retrouve entre les mains de John Lennon, George Harrison, Paul McCartney, mais aussi The Edge, Keith Richards ou Tom Petty. La Casino parle à ceux qui aiment les guitares avec du répondant, du caractère, et une vraie interaction avec le jeu.

  • Son ultra vivant et très dynamique
  • Vraie hollow body, sensations immédiates
  • P-90 expressifs, parfaits en clean et crunch léger
  • Sensible au larsen à fort volume
  • Peu indulgente sur le jeu approximatif
  • Moins à l’aise avec les grosses saturations

Important à noter : si les guitares Epiphones sont majoritairement fabriquées en Asie, la Epiphone Casino existe également en version Made In USA. Bien sûr le prix s’en ressent, mais c’est un élément supplémentaire qui prouve que non, les Epiphones ne doivent pas être des Gibson au rabais.

On va écouter chacune de ces guitares grâce à la chaîne Youtue Carter Vintage Guitars. On commence avec la Casino :

Epiphone Riviera : une semi-hollow qui ne joue pas la copie

La Riviera occupe une place un peu à part. C’est une semi-hollow, mais ses mini-humbuckers lui donnent une identité sonore différente. Le son est plus serré, plus précis, avec une attaque bien définie. On est loin de la semi-hollow ronde et consensuelle.

Elle conserve une certaine élégance, mais avec un côté plus nerveux, plus moderne dans l’approche. On la retrouve chez Noel Gallagher, Lou Reed ou Nick Valensi, des guitaristes qui privilégient l’identité au confort absolu.

La Riviera s’adresse à ceux qui veulent une semi-hollow avec une vraie personnalité, sans tomber dans le classicisme pur.

  • Mini-humbuckers au caractère bien marqué
  • Semi-hollow plus nerveuse que la moyenne
  • Identité différente des modèles “classiques”
  • Moins polyvalente qu’une Sheraton
  • Son qui peut surprendre les amateurs de humbuckers standards

Et pour une idée du son que peut donner une Riviera :

Epiphone Sheraton : élégance et polyvalence

La Sheraton est souvent perçue comme la plus “sérieuse” des trois. Elle combine une construction soignée, une esthétique plus luxueuse et une grande polyvalence sonore. Elle est à l’aise en groupe, en studio, sur scène, et accepte facilement des styles très différents. C’est une guitare qu’on choisit souvent pour durer, parce qu’elle s’adapte à l’évolution du jeu et des envies. Disons-le clairement ; c’est l’équivalent de la ES-335 de chez Gibson.

Parmi ses utilisateurs, on trouve Frank Zappa, Mike Campbell, Aaron Dessner ou Gem Archer.

  • Grande polyvalence
  • Confort de jeu et finition soignée
  • C’est la vraie ES-335 de chez Epiphone
  • Moins de caractère brut qu’une Casino
  • Micros d’origine parfois un peu sages selon les goûts

Et enfin voilà le son d’une Sheraton :

Pourquoi choisir une Epiphone originale plutôt qu’une “copie” Gibson

Choisir une Epiphone originale, c’est avant tout une question de cohérence.
On joue le bon modèle avec le bon logo. On n’a pas l’impression de tenir une imitation ou un compromis en attendant mieux.

Ces guitares ont été pensées comme des modèles à part entière, avec une identité claire. Elles ne cherchent pas à reproduire exactement une Gibson existante, et c’est justement ce qui les rend crédibles et agréables à jouer.

Il y a aussi le rapport plaisir / prix, difficile à ignorer. À budget équivalent, ces Epiphone offrent souvent une expérience plus détendue, moins intimidante. On ose les emmener partout, les jouer sans arrière-pensée, les exploiter pleinement.

Au final on passe moins de temps à se demander si la guitare “le mérite”, et plus de temps à jouer. Ce qui reste quand même l’essentiel non ?

Quelle Epiphone hollow ou semi-hollow est faite pour toi ?

On va essayer de résumer ça de façon totalement arbitraire et donc forcément fausse, mais avec un peu de vrai dedans :

  • Si tu recherches avant tout le grain, la dynamique et une vraie interaction avec ton jeu, la Casino s’impose naturellement
  • Si tu veux une semi-hollow avec du caractère et une identité sonore bien marquée, la Riviera est un excellent choix
  • Si tu privilégies la polyvalence, l’élégance et une guitare capable de tout faire sans forcer, la Sheraton coche beaucoup de cases. Si tu veux une ES-335 sans le budget, c’est aussi celle-ci qu’il te faut

Dans tous les cas il ne s’agit pas de guitares choisies “par défaut”, mais de modèles assumés, pensés pour jouer, répéter, enregistrer et durer.

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