Régler l’EQ fait partie des choses que tous les guitaristes font… souvent sans trop savoir ce qu’ils modifient réellement. On tourne un bouton, on écoute vaguement, on se dit que “ça va”, puis on recommence au prochain changement de guitare, de pédale ou de volume.
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Pourtant, avec quelques repères simples et une méthode cohérente, on peut comprendre assez vite ce qui se passe et arrêter de régler son son au hasard.
Ce que l’on modifie réellement quand on règle l’EQ
Le son d’une guitare est avant tout une question de fréquences, des graves aux aigus. Ces fréquences sont mesurées en Hertz (Hz), ou en kilohertz (kHz) pour les plus élevées.
Une guitare électrique couvre approximativement une plage allant de 80 Hz à 5 kHz, même si ses harmoniques peuvent monter bien au-delà. Lorsque tu ajustes un potard de tone ou un réglage d’EQ, tu n’ajoutes pas une “couleur magique” au son : tu renforces ou tu atténues certaines zones de fréquences, parfois de manière assez marquée.
C’est pour cette raison qu’un léger réglage peut suffire à transformer un son équilibré en quelque chose de trop agressif ou, à l’inverse, trop étouffé.
Bass, Mid, Treble : comprendre le rôle de chaque réglage
Les aigus (Treble)
Le treble agit principalement sur les fréquences aiguës, autour de 4 kHz et au-delà. Il influence la brillance du son, son attaque et sa précision.
Augmenter les aigus permet d’obtenir un son plus clair et plus défini, mais un excès peut rapidement devenir désagréable, avec des bruits de doigts ou de cordes trop présents. À l’inverse, en réduire trop donne souvent l’impression que le son est lointain, comme s’il provenait d’une autre pièce.
Le bon réglage se situe généralement là où le son reste précis sans devenir fatigant à l’oreille.
Les médiums (Mid)
Les médiums couvrent une large plage, environ de 250 Hz à 4–5 kHz, et représentent l’essentiel du corps de la guitare. C’est souvent le réglage le plus déterminant.
Des médiums creusés, notamment avec de la saturation, donnent ce son typique très populaire dans le rock et le metal des années 80. À l’inverse, trop de médiums hauts peut produire un rendu un peu fermé ou nasillard.
Augmenter les médiums permet généralement à la guitare de mieux ressortir dans un mix, en particulier pour les solos. Beaucoup de guitaristes préfèrent d’ailleurs utiliser une pédale dédiée pour booster cette zone plutôt que de modifier l’EQ de l’ampli en permanence. On avait parlé de la Behringer EQ700 qui peut faire ce travail.
Il faut garder en tête que la zone exacte des médiums varie énormément selon l’ampli, le haut-parleur et le reste du matériel.
Les basses (Bass)
Les basses agissent sur les fréquences graves, entre 20 et 250 Hz. Elles apportent de la profondeur et de la puissance, mais peuvent vite devenir envahissantes.
Sur un ampli réel, dans une pièce, trop de basses donnent un son brouillon et manquant de définition. À l’inverse, sur de petits haut-parleurs ou un téléphone, les variations peuvent sembler minimes, ce qui peut induire en erreur lors des réglages.
Il est souvent préférable de rester modéré sur les basses et de les ajuster en fonction du volume réel de jeu.
Pourquoi il n’existe pas de réglage universel
Tous les EQ ne réagissent pas de la même manière. Sur de nombreux amplis, en particulier les modèles haut de gamme, les réglages sont interactifs : modifier un potard influence indirectement le comportement des autres.
C’est la raison pour laquelle un réglage parfait sur un ampli donné peut être totalement inadapté sur un autre. Les chiffres et les positions des boutons donnent une indication, mais ne remplacent jamais l’écoute.
Le cas des pédales avec un simple potard “Tone”
Sur beaucoup de pédales, le potard de tone fonctionne de manière assez intuitive : dans le sens horaire, on ajoute des aigus, et dans l’autre, on les atténue, ce qui donne l’impression d’un son plus grave.
Cependant, ce n’est pas une règle absolue. Certaines pédales fonctionnent à l’inverse, et d’autres voient leur comportement évoluer en fonction des autres réglages internes. La meilleure approche consiste donc à tester systématiquement les positions extrêmes pour bien comprendre ce que fait réellement le potard.
Un bon point de départ reste malgré tout une position centrale, autour de 12h.
Une méthode simple pour régler efficacement son EQ
Pour comprendre un réglage, il est conseillé de procéder méthodiquement. Commence par placer tous les potards dans une position neutre, généralement au milieu. Ensuite, ajuste un seul potard à la fois, en le poussant franchement dans un sens, puis dans l’autre.
Reviens ensuite progressivement vers la zone où le changement te semble le plus pertinent. Cette méthode permet d’identifier assez rapidement le “sweet spot” de chaque réglage.
Il est important de répéter ce processus dès que tu modifies un élément de la chaîne, qu’il s’agisse de la guitare, des micros, du niveau de gain ou même du volume général.
Le potard de tone de la guitare : un outil souvent négligé
Par défaut, le potard de tone d’une guitare est souvent laissé à fond. Le baisser permet de couper progressivement les aigus, ce qui donne un son plus doux et plus rond.
Dans la pratique, il est rarement utilisé complètement fermé, mais il peut devenir très utile pour ajuster un son sans toucher à l’ampli. Beaucoup de guitaristes l’utilisent par exemple légèrement baissé en rythmique, puis l’ouvrent complètement pour un solo afin de gagner en brillance et en présence.
Au finl, on fait quoi pour un meilleur son ?
Changer de matériel peut être tentant, mais ce n’est pas toujours la solution. Bien souvent, mieux comprendre et mieux exploiter ses réglages apporte des résultats bien plus concrets qu’un nouvel achat.
Les guitaristes réputés pour leur son ne possèdent pas forcément une montagne d’équipement. Ils ont surtout développé une écoute attentive et une vraie connaissance de leur matériel, qu’ils savent exploiter dans différents contextes.
Et c’est généralement là que se cache le vrai secret du “bon son”.

